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2.2.09

Du rififi dans la banque allemande.

Le gouvernement fédéral prépare une loi de nationalisation des banques en mauvais état. On en tombe de la chaise !
Après tout, le pragmatisme se substituant à la doctrine, pourquoi pas ? Mais, qu'est-ce qui cause un tel revirement ? Deux aspects méritent que l'on s'y arrête : d'une part, la discussion sur la Bad Bank, la ou les banques poubelles qui débarrasseraient les banques des actifs pourris et, aidant au rétablissement de la confiance, remettraient en route leur liquidité et le crédit à l'économie. Mais n'y aurait-il pas autre chose ? par exemple le fait que les banques aux actifs pourris ont une valeur boursière en chute libre et deviennent ainsi des cibles intéressantes pour les prédateurs financiers ? Il ne manquerait plus que ça : après qu'aient été injectés des dizaines de milliards d'euro dans les banques allemandes (n'en est-on pas à plus 280 milliards fin janvier 2009 ?), les vautours financiers des Hedge Funds planqués dans ces paradis financiers que sont ces pseudo-Etats que nous protégeons tous, mettraient la main sur ces banques et remettraient tout par terre.
De là à se dire que la protection s'étendrait aussi à d'autres, Européens entre autres, il n'y a qu'un pas.

23.1.09

Du rififi chez les médecins allemands.

En Allemagne aussi, les coûts de l'assurance maladie plombent la compétitivité des entreprises. An 1er janvier 2009, l'Allemagne a introduit un système fédéral centralisé de collecte des cotisations à l'assurance-maladie et de redistribution aux caisses autonomes régionales ou sectorielles, le Fonds-Santé.
En fonction, d'abord du nombre d'affiliés, puis d'un système compliqué tenant en compte, entre autres critères, le nombre et la gravité des maladies recensées, chaque caisse ne voit ensuite créditer d'un montant.
Et qu'apprend-on, à peine quelques semaines après la mise en place du système ? Des caisses auraient versé à des médecins des "primes" pour que ceux-ci rédigent des diagnostiques en des termes dramatiques, permettant ainsi d'appeler plus de financement du Fonds-Santé.
De là à penser que les médecins se mettraient à arrondir illicitement leurs fins de mois et que les caisses en feraient autant, il n'y a qu'un pas ; devrons-nous le franchir ?

Du rififi à Jersey.

L'Allemagne en a assez des tricheurs fiscaux.. et prend le taureau par les cornes.
Mettant en exécution les recommandations de l'OCDE d'avril 2002 en matière de conventions fiscales et de "paradis fiscaux", elle vient de persuader le gouvernement de l'île de Jersey - au large des côtes normandes - de signer un nouveau type de convention fiscale.
Tout d'abord, on apprend ici que la convention fiscale liant des Etats européens, entre autres, à la Grande-Bretagne, ne s'appliquent pas à certaines parties du Royaume-Uni (qu'en sera-t-il de Guernesey, Sark, Man etc. ?).
D'autre part, on comprend que ces micro-États ne rechignent pas trop, à signer des conventions visant à réprimer, éviter l'évasion fiscale.
La nouvelle convention permet aux États de demander et de recevoir des informations concrètes sur les comptes de contribuables soupçonnés d'évasion fiscale et même de procéder à des contrôles dans l'autre État, avec l'assistance de l'Etat visité, bien sûr.
Cette convention d'un type nouveau est une avancée sérieuse dans la recherche de la transparence et la lutte contre la criminalité économique et financière. Maintenant, passons aux autres Etats qui servent de refuge aux cupides et autres truants !

9.1.09

Du rififi à la Commerzbank.

Qu'est-ce que je n'ai pas dû entendre en Allemagne en 1982, lorsque le nouveau gouvernement français privatisait les grandes banques ! Ceux d'entre vous qui connaissent le goût de nos amis allemands pour les formules percutantes et péremptoires s'imaginent fort bien les reproches et les pronostics négatifs que l'on a pu entendre à l'époque.
Et voilà que, le 08/01/2009, le gouvernement fédéral met 18, 2 milliards € (vous avez bien lu ; je dis : dix-huit virgule deux milliards d'euro) pour acquérir 25% des actions plus une de la Commerzbank ! Et je ne mentionne même pas les garanties et cautions publiques dont cette banque bénéficie déjà (au total, plus de 40 milliards€).
Et pourquoi faire ? pour prendre le contrôle de la Dresdner Bank. Je résume : le gouvernement fédéral prend le contrôle minoritaire d'une grande banque qui n'arrive pas à prendre le contrôle d'une autre grande banque, d'une part, et, d'autre part, l'argent du contribuable va probablement plus servir à couvrir des risques occultes à la Dresdner que des années de contrôles publics soit n'ont jamais découverts, soit ont largement sous-estimés.
Si le second motif peut, à la rigueur, passer - le plan de sauvegarde des banques ayant bien été conçu pour éviter des faillites bancaires - le premier motif est inacceptable.
Citons la chancellière (Le Figaro du même jour) : « Il est impossible de répéter les erreurs du passé. Il faut éviter que le monde connaisse une fois de plus ce type de crise. »
Certes, certes...

30.12.08

Du rififi à la Deutsche Bank AG.

Ça n'a pas été la guerre entre le président de l'Eglise évangélique d'Allemagne (EKD) et celui de la Deutsche Bank AG (DB AG), mais les escarmouches ont porté ; à tel point que Monsieur Steinmeyer, vice-chancelier et président du SPD, veut maintenant jouer le Monsieur Bons Offices.
Monsieur Huber, le président de l'EKD, a, dans sa prédication de Noël, reproché aux banquiers d'avoir fait preuve de cupidité ("Gier") et d'exiger des taux de rentabilité inacceptables de 25%, attaquant nommément Monsieur Ackermann, le président de la DB AG. Celui-ci a d'abord protesté contre cette attaque publique, personnelle, massive. Puis, il a reconnu que les banquiers avaient tous fait des erreurs et qu'il convenait qu'ils reconnaissent leur faute.
Alors ? D'abord, on peut s'interroger sur le point de savoir où est la limite au-delà de laquelle il y a "cupidité". Jean Calvin, et Max Weber nous le rappelle dans ses textes sur l'éthique protestante, voit dans la réussite matérielle un signe de la grâce divine, mais cette réussite ne peut pas être atteinte par des moyens contraires à l'éthique ; l'EKD serait donc fondée à morigéner. Et les 25% ? Là, je vois mal pourquoi 25, et pas 24 ou 26. Le problème est là.
Mais, comme Monsieur Ackermann a reconnu ses erreurs et sa faute, il a admis que les 25 ne sont pas acceptables, donnant raison au Président Huber !
Etrange ! Monsieur Ackermann voulait-il vraiment reconnaître des erreurs et une faute ou voulait-il sortit le Président Huber du malaise dans lequel le plongeaient les 25% ?
On le saura en surveillant les comptes 2009 ss. de la DB AG.

Du rififi à la Deutsche Bundesbank.

On cherche 14 milliards de Mark. Vous avez bien lu : la Deutsche Bundesbank cherche 14 milliards de Mark qui sont toujours dans ses livres, mais n'ont pas encore été échangés en € ! On remarquera au passage que la Deutsche Bundesbank, elle, échange les Mark en € sans limitation, ni dans le temps ni dans les montant.
Elle voit donc arriver à ses guichets des quidams les poches pleines de billets ou de pièces en Mark et les change en € ; en 2008, ils étaient, tenez-vous bien, 1600 à 1800 par jour (je dis bien : par jour !), qui ont changé la contrevaleur de 230 millions de Mark. Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager quelques exemples de 2008 aimablement fournis par le Hessischer Rundfunk.
Un agriculteur est arrivé avec un réservoir à eau de pluie plein de pfennigs : autrefois, il y jetait ses petites pièces pour délester son porte-monnaie. Un étudiant récupère un vieux canapé abandonné dans la rue et découvre, voulant le couvrir à neuf, des milliers de Marks dans le coussin. Un enseignant relit un livre de sa bibliogthèque, y trouve un billet de cent Mark et se rappelle, enfin !, comment il avait caché deux mille Mark pour les soustraire à la curiosité de son ex.
Vous en voulez encore ? Des histoires d'héritiers, maintenant : le petit-fils découvre des milliers de Mark derrière le vieux papier peint de l'appartement du grand-père au moment de le rénover. Une dame s'étonne du grands poids des rideaux hérités de sa belle-mère et trouve des dizaines de billets de 1000 Marks cousus dans la doublure. Des héritiers s'étonnent du grand nombre de tubes d'aspirine dans la pharmacie du défunt, en ouvrent un pour voir et découvrent des dizaines de milliers de Marks.
Certains d'entre vous se rappellent que j'avais monté en 2001/2002 un programme de formation stratégique pour les travailleurs sociaux des pays germanophones, programme financé par la Commission Européenne et la Banque Européenne d'Investissements, et qui avait pour objectif de transmettre à ces travailleurs sociaux les enjeux stratégiques des populations vulnérables lors de l 'introduction de l'euro : la sous-alimentation et le sur-endettement. Sur le premier point, on n'a rien vu de particulier ; sur le second, on voit bien...
Donc, il me reste une certaine curiosité pour les séquelles, et voilà pourquoi je vous parle du Mark aujourd'hui.

2.12.08

Du rififi dans la germanophonie.

Ca y est ! La germanophonie peut commencer à avancer.
Nous sommes nombreux à avoir toujours revendiqué que les autorités allemandes prennent conscience de leur germanophonie et de la nécessité d'en faire un bien à protéger (schutzbares Gut).
Déjà, lorsque je courais les campagnes germanophones d'Allemagne, d'Autriche, de Belgique, de France, d'Italie et du Grand-Duché du Luxembourg, pour initier les travailleurs sociaux aux risques courus par les populations vulnérables lors de l'imminente introduction de l'€ dans les porte-monnaie, on me considérait comme un extra-terrestre avec ma documentation à prétention germanophonique. (Mais on m'invitait quand même vu que mon projet était entièrement financé par le B.E.I et la Commission Européenne, qui - elles - ont été sensibles à la question !)
Déjà, plus loin encore, pendant mes études de droit en Allemagne, j'avais suggéré au ministre fédéral de l'Intérieur, qui concevait une loi sur la Procédure administrative, d'y préciser que la langue de l'administration était l'allemand et dans quelles conditions des éléments en langue étrangère pouvaient être pris en compte. (Lobbyiste, déjà.) Ladite loi a cependant été modifiée lorsque l'Allemagne a ratifié la Charte Européenne sur les Langues Minoritaires, autorisant les citoyens à s'exprimer dans leur langue "minoritaire", à savoir le sorbe, le danois, le frison ou le bas-allemand de Basse-Saxe.
Mais la CDU veut maintenant aller plus loin et son congrès 2008 a demandé une modification de la Loi fondamentale prévoyant que "Die Sprache in der Bundesrepublik ist Deutsch". Il faudra maintenant veiller à ce que cette modification n'ait pas pour conséquence une exclusion des langues minoritaires ; mais, là, j'ai confiance et mes amis Sorbes seraient vite sur les barricades si un danger devait surgir. (J'ai pu constater leur virulence lors du colloque de Dresde où j'ai pu parler, entre autre, de la formation d'une conscience européenne.)
Non, le problème pourrait venir du Umkehrschluss : "Die Bundesrepublik ist das Land der deutschen Sprache". Déjà, je me suis offusqué publiquement de ce que les organes qui travaillent à l'évolution et la défense de la langue (Gesellschaft für Deutsche Sprache, Verein Deutsche Sprache, Stiftung Deutsche Sprache, pour ne prendre que les plus connus) ne sont composés que de chercheurs d'Allemagne, ignorant ainsi les variantes germanophes autrichienne, suisse, belge, luxembourgeoise, française, italienne, roumaine, polonaise, russe, nord-américaine et j'en passe...
Restons vigilants : la germanophonie appartient à ceux qui la pratiquent, comme j'ai pu le dire lors d'un colloque à Krems en Autrich en 2007.
Donc, elle m'appartient, à moi aussi.

1.12.08

Du rififi à Stuttgart.

Le congrès de la CDU vient de prendre fin à Stuttgart et j'en retire un sentiment bizarre. Deux interventions méritent que l'on s'y arrête : celle de la chancelière et celle de Friedrich Merz.
La Sueddeutsche Zeitung disait de la chancelière : "Wenn die Kanzlerin von sozialer Marktwirtschaft redet, dann klingt das so, als ob der Papst von den Vorzügen des Protestantismus spräche." et c'est vrai que j'ai du mal à la suivre : Peut-on simultanément, sans perte de crédibilité, faire du libéralisme et du keynésianisme ? D'une part, avoir confiance dans les forces d'un marché sur lequel la concurrence joue vraiment, et le récent arrêt dans l'affaire du Kartell des gaziers prouve que c'est le cas en Allemagne, et, d'autre part, injecter plus de 500 milliards € (je dis bien cinq cent milliards d'euros) dans la reconstruction de la confiance dans le système bancaire, sans un raisonnement philosophie, politique et économique solidement construit ? Peut-on agir ainsi aujourd'hui et, demain, revenir à l'orthodoxie chrétienne-démocrate sans autre motif qu'aujourd'hui le salut public impose une politique pragmatique et non idéologique ? J'en doute et la CDU s'en mordra les doigts dans quelques années.
Quand à Friedrich Merz, que j'ai rencontré quelquefois au Parlement Européen à Strasbourg et dont j'appréciais la rigueur intellectuelle, il a maintenant quitté la vie politique et on le regrettera un jour, s'il ne revient pas par la porte de derrière, ce dont il est capable. Mais... que penser du satisfecit qu'il donne en partant à la politique de crise de la chancelière ? Lui, adepte de l'orthodoxie de l'Ecole de Fribourg - la Soziale Markwirtschaft, dont v. Hayek expliquait très bien la teneur : "Die Marktwirtschaft ist an sich sozial. Sie braucht nicht erst sozial gemacht zu werden." ; lui, pourfendeur des baisses d'impôts - avec Paul Kirchhof de l'Ecole de Heidelberg - car elles seules assurent un flux suffisant d'investissement industriel et donc garantissent le Sozial ; lui, il accepte maintenant que les baisses d'impôts sont repoussées à après la crise ? J'en conclus qu'il a voulu profiter de son dernier micro pour faire une pirouette, peu convaincante.
Pour conclure, si la démocratie chrétienne allemande se socio-démocratise pour cause de Grande Coalition, la social-démocratie va-t-elle se christ-démocratiser ? Qui y gagne ?

Du rififi chez les chercheurs franco-allemands.

Lors de la première réunion des anciens et actuels chercheurs boursiers du Deutscher Akademischer Austausdienst, fin novembre à Berlin, j'ai pu prendre le pouls des jeunes chercheurs allemands en France et français en Allemagne. Les bras m'en tombent, les mots m'en manquent !
Rien. Après tant d'années passées à prêcher dans le désert du franco-allemand, je me rends compte que c'est vraiment un désert ; et qu'il n'y a pas que Nicolas Sarkozy qui n'a qu'une sensibilité très limitée pour les conséquences stratégiques du gouffre qui subsiste entre les normalités françaises et allemandes : même les jeunes chercheurs d'aujourd'hui ne remarquent rien d'autre que leur malaise et leur irritation lorsqu'il sont au bord du gouffre.
Mais enfin ! que faut-il donc que je fasse pour que vous compreniez qu'il ne suffit pas de femer les yeux pour ne pas voir que, si, Français et Allemands, nous sommes éduqués et formés et socialisés différemment, cela va forcément se répercuter sur nos habitudes, attitudes et représentations de la normalité, politique, professionnelle ou autre. Pour que vous compreniez que, si nos stratégies individuelles et collectives débouchent sur des phénomènes, des actions perceptibles, la façon dont nous les avons conçues ne sont pas forcément intelligibles. Pour que vous compreniez que le malaise et l'irritation que vous ressentez ou percevez, sont justement le signe que quelque chose n'a pas été intelligible.
Pour que vous admettiez que les bienfaits d'un séjour de recherche ailleurs sont incomplets, sinon falsifiés, si vous n'avez pas appris ce qui va vous permettre de concevoir des stratégies intelligibles par l'Autre, et ce qui va rendre intelligibles pour vous les stratégies de l'Autre.
... la pensée interculturelle, complexe et stratégique et la compétence stratégique transnationale. J'y reviendrai.

18.1.07

Du rififi à Munich

Ca y est, Stoiber s'en va. On pourra gloser, moquer, jospiner ; il n'est reste pas moins que la Bavière (14 millions d'habitants, quant même...) a conservé, sinon amélioré ses positions socio-économiques pendant les 13 années de son gouvernement. L'image de l'homme a pâti de ses attitudes "folkloriques" et de ses déclarations à l'emporte-pièce. Son état de santé n'était sans doute pas bon non plus, ce qui expliquerait les fréquents ratés dont on a fait des gorges chaudes ces dernière semaines.
On pourrait mettre ses succès sur le compte du caractère des Bavarois, mais sa méthode du faire et laisser-faire a certainement facilité le succès.
Que va devenir la Bavière ? Elle aurait pu rester avec Stoiber et il eût suffit de la vendre à l'Autriche, faisant ainsi d'une pierre deux coups : débarrasser les "Prussiens" d'une Success Story qui commence à devenir gênante vu l'incurie qui règne ailleurs, et renforcer encore plus une machine économique autrichienne qui fonce aussi très bien. Le rêve...

3.6.06

Du rififi à Francfort

Faut-il que le rapport franco-allemand soit encore loin des déclarations d'amour ? Vu les opérations Euronext, on peut vraiment se poser la question. Les faits : Euronext, une société qui gère quatre bourses de valeurs en Europe, dont Paris, est à vendre - disent ses actionnaires, et on va les croire. Deux acheteurs se manifestent : la Bourse de Francfort et celle de New York - toutes deux sociétés privées.

Que choisissent les actionnaires d'Euronext ? de fusionner avec New York, où ils seront minoritaires ! Comme si on ne connaissait pas les pratiques des sociétés américaines dans les colonies... Comme si on ne pouvait pas se douter que l'idée de New York est d'avaler Euronext pour mettre le pied en Europe et, ensuite, avaler Francfort, puis Londres, qui est le véritable enjeu de l'opération.

Alors que la fusion avec Francfort mettait les bourses européennes à l'abri, même si l'enjeu, la Bourse de Londres, était repoussé aux Calendes Grecques, mais après tout, entre Européens, on peut s'attendre à des évolutions même aujourd'hui imprévues.

Peut-on imaginer quelque ressentiment, quelque aigreur d'estomac à la source de cette décision anti-européenne ? Peut-être due à l'affaire dite "du listing Clearstream" ? Cette dernière organisation étant une filiale à 100 % de la Bourse de Francfort ?

15.5.06

Du rififi à Strasbourg

Dans cette histoire de loyer pour l'immeuble du Parlement Européen à Strasbourg, on peut quant même s'interroger sur certains aspects :
- Comment se fait-il que la municipalité n'ait pas fait toute transparence sur les composantes du loyer lors de la signature du bail ; le Parlement n'est tout de même pas un pékin ordinaire à qui on peut cacher des choses ?
- Comment se fait-il que les responsables administratifs du Parlement n'aient pas posé la question ; sont-ils peut-être des pékins ordinaires ?
- Comment se fait-il que c'est maintenant, au moment donc où on assiste à la bataille la plus risquée au sujet du siège du Parlement, que sort cette affaire ; là, c'est mystère et boule de gomme ?
- Comment se fait-il que la municipalité se soit sentie obligée (?) de prendre une prime de risque sur le loyer "pour le cas où le Parlement quitte Strasbourg" ?
C'est surtout cette dernière question qui doit nous interpeler. En effet, soit la municipalité croyait à la perennité des accords internationaux régissant la question du siège et alors c'était au gouvernement français d'assurer le risque, sous l'oeil vigilant de la municipalité, soit la municipalité - ne croyant pas vraiment à la perennité de ces accords internationaux - ne s'est pas assurée à l'époque de la conception du projet, que le gouvernement français assurait le risque et son défaut de vigilance ne l'autorisait pas à se "rattraper" sur le Parlement.
C'est donc le rapport entre Strasbourg et le gouvernement français qui est en cause. Qui se méfie de qui ?

9.11.05

Du rififi à Varsovie

On a suffisamment ri comme cela en apprenant que les "futurs" premier ministre et président de la République Polonaise étaient frères jumeaux et que Madame leur Mère leur avait interdit d'accepter simultanément les mandats parce que "la Pologne se couvrirait de ridicule".
L'idée n'était pas mauvaise, de détourner l'attention des rieurs. En effet, la Pologne se couvre de ridicule : on voit s'installer au gouvernement - mais pas aux manettes - un gouvernement minoritaire dont le seul soutien est... le président de la République Polonaise.
Pas aux manettes, puisque ce gouvernement est minoritaire, sans majorité à la Diète nationale.
Le parti qui avait accepté d'envisager, pendant la campagne électorale, de conclure une coalition avec le Parti Droit et Justice - c'est ainsi que s'appelle le parti au pouvoir, PiS en polonais - ce second parti donc, la Plateforme Démocratique n'a pas transformé l'essai devant l'incapacité de PiS de conclure un contrat de coalition prévoyant une poursuite raisonnée des réformes : libéralisation de l'économie, décentralisation des pouvoirs, réforme de la fiscalité.
Un de mes amis polonais me disait que les femmes et hommes d'entreprise en sont à créer des initiatives civiques pour montrer les dents afin d'éviter que le PiS et son gouvernement ne se laisse aller à des réformes ... de retour à la situation avant 1990. C'est dire ! Et je ne parlerai pas de l'attitude du nouveau gouvernement à l'égard de leur voisin allemand, ce serait trop triste.
Bref, des dilletantes à Varsovie. Pour combien de temps ?

2.11.05

Du rififi à Paris

Mais qu'allait-il donc faire dans cette galère ? Nicolas Sarkozy, dont j'apprécie la franchise, le courage et le dynamisme - sans doute aussi son parti pris en faveur de la discrimination positive - s'est laissé embarquer dans un bateau dont il aura peine à descendre.
Quand on est ministre de la République, on est le ministre de tout le monde, même des voyous petits ou grands ; on doit les morigéner, les corriger s'il le faut ; mais on ne les méprise pas. Cela dit, je ne pense que sa sortie sur "la racaille" était l'expression d'un mépris ; il le dit lui-même, que c'est le langage que les gens utilisent et que c'est en parlant leur langue qu'ils le comprennent. Mais, n'est-ce pas là l'erreur que l'on peut lui reprocher aujourd'hui ?
Il lui fallait trouver le langage pour dire "aux gens" qu'il comprend leur détresse, dire aux voyous qu'ils ne trouveront aucune complaisance et dire à ceux qui travaillent comme lui, avec lui à refaire de certaines banlieues des zones de droit, qu'ils doivent persévérer, mais ne pas se laisser aller et oublier les principes de l'Etat de droit.
Quand aux provocateurs, ceux qui attisent le feu, il faut en parler et leur faire la chasse. Impitoyablement.

1.11.05

Du rififi à Berlin

On se doutait bien que ce serait tout autre que facile, mais de là à penser que Müntefering se ferait rejeter par son propre comité de direction et que Stoiber en profiterait pour tirer son chapeau et retourner à Munich..., il n'y a probablement pas que moi qui ait failli tomber de sa chaise.
Cette pauvre Madame Merkel va donc devoir louvoyer entre les caciques du SPD se battant pour récupérer la dépouille de vice-chancelier, et entre les seconds couteaux de la CSU qui vont vouloir jouer au Stoiber comme candidat au ministère de l'Economie.
Elle pourra peut-être sauver la Technologie des griffes trop étatiques de Stoiber, mais Scylla n'est peut-être pas loin (le laisser à la Recherche ?). Espérons cependant qu'elle aura compris que l'Europe est un sujet trop sérieux pour être laissé aux Finances où Lafontaine l'avait récupérée, mais qu'elle ne la donnera pas à un CSU-ministère de l'Economie (on s'imagine un munichois représentant l'Allemagne en Europe, alors qu'ils en sont encore à réclamer leur Kini ?). Avec un peu de chances, elle la gardera à la Chancellerie.
Ca, ca me ferait plaisir.